Le point commun
de Florence Hoegeli, Laurence Jablonka et Virginie Marlier est
d'avoir toutes trois créé des émissions
de radio scolaire avec leurs élèves de cycle III
en fond de classe. Laurence Jablonka a monté une dizaine
d'émissions (d'une durée de 10 à 20 mn
chacune) à l'école Michel-Ange jusqu'à
sa nomination au poste de Conseillère Pédagogique,
Florence Hoegeli a mené une émission cette année
dans sa classe d'application, en ZEP, support d'un module pédagogique
"TICE" de l'IUFM, donc avec les stagiaires, Virginie,
lorsqu'elle était élève Maître, a
réalisé son mémoire professionnel sur la
radio scolaire en montant une émission seule, avec sa
classe de stage (4 semaines en ZEP). Toutes ont utilisé
Océan,
versions 1.1 pour Laurence et Virginie, version 2.2 pour Florence.
Cette activité
se centre sur la maîtrise de la langue dans le cadre d'un
projet de classe.
Après l'émergence des représentations individuelle
sur ce qu'est la radio et l'analyse d'une émission de
radio (un extrait de France Info) en termes de forme, de contenu,
de mise en onde, la classe organise une "conférence
de rédaction" au cours de laquelle des propositions
de sujets intéressants sont soumis. En début de
seconde période, les élèves s'inscrivent
sur les sujets de leur choix ce qui permet d'affiner les sujets
qui seront finalement retenus. Une équipe technique est
formée, ce sera elle qui aura la charge d'enregistrer
les reportages, d'introduire les sujets, de choisir les musiques
et d'assurer le montage final en fond de classe. Les élèves
consultent par groupe la documentation à leur disposition
pour la rédaction des articles (documentation de l'école,
journaux et Internet). Une fois le brouillon du dialogue de
l'article validé par le maître, la version définitive
de l'article (incluant les conseils) est directement tapée
sur les ordinateurs et imprimée à raison d'une
copie par locuteur plus une pour l'équipe technique.
Les élèves peuvent se réenregistrer aussi
souvent qu'ils le souhaitent sous le contrôle de l'équipe
technique qui, seule, validera en fin de compte la qualité
de la "prise". L'émission montée et
mixée avec la musique est écoutée par tous.
Toutes modifications restent possibles jusqu'à la mise
en ligne dans une page web, la publication d'un PodCast ou la
gravure sur un CD.
D'une prise à
l'autre, la qualité de la diction s'améliore,
d'une émission à la suivante, la qualité
des productions s'affine tant en prise d'information à
la source qu'en finesse de traitement, tandis que la durée
de production d'une émission diminue. Progressivement,
les émissions, initialement généralistes
sur le modèle “France Info”, deviennent thèmatiques
et les différents reportages traitent d'aspects divers
d'un seul et unique thème.
RMA “spéciale Argentine”
L'un des enjeux
pédagogiques au cœur de la pédagogie de projet
ici à l'œuvre se situe dans la construction d'un
savoir face à la transmission traditionnelle. Le cadre
est collaboratif et tous travaillent ici à la réalisation
la plus parfaite possible de l'émission avec des stratégies
d'entraides. L'enseignement est différencié en
ce sens que la tâche à effectuer est commune mais
qu'elle s'effectue en fonction des compétences de chacun
et des partenariats noués.
Il existe bien sûr d'autres
façons de faire de la radio scolaire. L'une de ces autres
façons de faire est inspirée par le CLEMI. L'éducation
au médias y est première (objectif principal du
CLEMI). Le travail écrit est, comme ici un travail de
préparation, mais il s'agit d'une préparation
au direct. Il n'y a donc pas d'écoute et de réenregistrement
possible. Le réenregistrement rendu facile par les technologies
numériques de fond de classe, permet une gestion de l'erreur
jusque dans l'oralisation des textes.